Qu’est-ce que l’inclusion sociale

Le Conseil des Bibliothèques Urbaines du Canada (CBUC) / Canadian Urban Libraries Council (CULC) définit l’inclusion sociale comme la manière participative, authentique et responsable en vertu de laquelle les institutions soutiennent et renforcent les principes d’accès, d’équité et, en conséquence, d’inclusion sociale pour tous.

En 2006, Betty Ferreira a précisé que l’inclusion sociale est la manière selon laquelle les institutions comprennent et engagent leurs communautés, et explorent, envisagent et défient les obstacles, les valeurs et les comportements. L’inclusion sociale est également définie par la façon dont les institutions élaborent, mettent en œuvre et évaluent les politiques et procédures, offrent un accès équitable aux services et, en fin de compte, démontrent le niveau d’inclusion par le biais de résultats concrets.

Selon Fourie (2007), l’inclusion sociale se rapporte à tous les efforts et politiques visant à promouvoir l’égalité des chances parmi les personnes de toutes les situations et de toutes les catégories exclues socialement. Les situations et les catégories de personnes qui sont le plus souvent liées à l’exclusion sociale sont donc les situations et catégories auxquelles les efforts d’inclusion doivent s’attaquer.

Enfin, au Canada, l’inclusion sociale s’entend d’un concept multidimensionnel qui facilite l’inclusion sur une variété de fronts, notamment :

  • augmentation de l’emploi
  • élimination de la pauvreté
  • habilitation de l’engagement civique
  • élimination de la discrimination et du racisme
  • promotion de l’accès à une variété de ressources et institutions publiques

Selon le concept d’inclusion sociale, les projets qui portent sur l’inclusion sociale devraient donc tenir compte des perspectives et des points de vue des personnes devant être incluses.

Pourquoi l’inclusion sociale est-elle importante pour les Canadiens ?

Les immigrants d’aujourd’hui font face à de multiples obstacles dans la société canadienne. Nombreux sont caractérisés comme socialement exclus parce qu’ils font face à des obstacles d’exclusion économique dès leur arrivée au Canada. Les adultes connaissent des difficultés à cause de la langue et de la culture différentes; les jeunes doivent relever des défis particuliers, notamment « l’appartenance » à leurs nouvelles communautés et l’incorporation des nouvelles et anciennes façons de faire.

Selon une étude menée en 2006 pour examiner l’Enquête sur la diversité ethnique (EDE) de Statistique Canada, les immigrants canadiens font face à de nombreuses de difficultés supplémentaires. Ils éprouvent des problèmes à faire reconnaître leurs qualifications obtenues à l’étranger, manquent de l’expérience professionnelle canadienne et font souvent l’objet de discrimination sur le marché de travail. D’autres études ont trouvé qu’apprendre une nouvelle langue, se faire des amis, trouver un logement abordable – voire supporter le climat canadien – comme des difficultés courantes.

En l’absence de mécanismes garantissant que les nouveaux arrivants sont convenablement intégrés à leur société nouvellement adoptive, ces groupes peuvent courir un plus grand risque d’être en marge du processus démocratique, se sentir isolés ou être socialement exclus.

Quel est le rôle de la bibliothèque dans l’élimination des obstacles à l’inclusion sociale ?

Les bibliothèques jouent un rôle dans l’élimination des obstacles auxquels font face les nouveaux immigrants. En plus d’offrir un milieu de jeu et d’apprentissage sûr, les bibliothèques peuvent fournir de l’information et des services gratuits.

L’accès aux ressources gouvernementales, médicales et communautaires, par exemple, représente l’un des services que les bibliothèques peuvent offrir aux immigrants. Les bibliothèques peuvent également offrir un accès libre à des ordinateurs, à des renseignements sur les communautés locales, ainsi que des mises à jour sur les offres d’emploi. Les bibliothèques sont aussi bien placées pour présenter des moyens de surmonter les difficultés d’établissement et de langue, y compris la capacité de fournir une exposition à l’anglais conversationnel et à l’instruction de langue anglaise.

En bref, les bibliothèques publiques peuvent aider à résoudre l’exclusion sociale et à promouvoir l’inclusion sociale.

Inclusion sociale et accès à des renseignements utiles

Comme signalé par Caidi et Allard (2005), l’accès aux renseignements nécessaires est un composant fondamental à la réalisation de l’inclusion sociale des immigrants. Sans cet accès, les immigrants ne peuvent pas faire des choix appropriés ni prendre des décisions informées.

Cet aspect est maintenant connu comme « l’infopauvreté » (Chatman, 1996), une théorie qui cerne les groupes qui ont de la difficulté à obtenir de l’information pour résoudre les problèmes quotidiens de la vie. La théorie suggère qu’il y a une classe « d’infopauvres » dont les membres manquent d’accès à l’information et qui sont caractérisés par leur incapacité à obtenir des renseignements utiles de personnes qu’ils connaissent, d’étrangers, voire de sources ordinaires de l’information, comme les médias (Chatman, 1985, 1987, 1996; Dervin, 1983; Savolainen, 1995; Sligo et Jameson, 2000).

Les immigrants courent le risque d’être infopauvres parce qu’ils sont peu familiers avec le milieu canadien de l’information. De plus, ils ont de petits réseaux sociaux desquels ils peuvent acquérir de l’information.

Inclusion sociale, compétences en TIC et culture informationnelle

Hendry (2000) a estimé qu’en 2000, la somme de l’information disponible à la race humaine doublait tous les 16 mois. Cela signifie que seules les personnes qui possèdent une culture informationnelle et des compétences en technologie de l’information et de la communication (TIC) ont accès à la pléthore de sources d’information disponibles. Pendant que la révolution de l’information se poursuit dans le 21e siècle, elle crée indéniablement une nouvelle sorte d’inégalité : les inforiches contre les infopauvres.

Les façons dont les communautés de nouveaux arrivants et d’immigrants trouvent l’information et y accèdent dans des formes compréhensibles et utilisables sont essentielles à leur intégration à la société. La documentation sur le fossé numérique suggère qu’au nombre de ceux courant un risque considérablement plus élevé d’être socialement exclus, figurent les personnes vivant avec des problèmes, comme un revenu bas, un conflit de famille ou des problèmes à l’école. Le fossé numérique inclut aussi les personnes vivant dans des quartiers défavorisés tant dans les centres urbains que les localités rurales (Bureau du Conseil des ministres, 2001, p. 11). Les facteurs de risque sont composés pour les nouveaux immigrants parce qu’ils sont souvent des minorités visibles, vivent dans des quartiers à faible revenu, gagnent des salaires inférieurs et peuvent avoir des enfants à risque plus élevé de difficultés scolaires.

Cela pose un défi pour les bibliothèques publiques d’augmenter leurs efforts dans la promotion de l’inclusion sociale.

CONSEIL :

Les communications et l’information sont l’élément vital des communautés durables, et les services publics, comme les bibliothèques, sont souvent des conduits importants de l’information et des connaissances.

Les nouvelles itérations du fossé numérique soulignent que l’accès doit être combiné à une compréhension de la façon de se servir efficacement des TIC – autrement dit, information et culture TIC.

Le cadre d’inclusion sociale s’ajuste bien dans cette nouvelle vue du fossé numérique parce qu’il met en évidence la complexité du processus de marginalisation; c’est-à-dire, le fossé numérique est connecté à d’autres systèmes de marginalisation et d’exclusion.

Le fait de s’attaquer à l’inclusion sociale par le biais des initiatives technologiques est devenu une stratégie de formulation de politiques dans différents organismes, notamment les bibliothèques (Council of Administrators of Large Urban Public Libraries of Canada, 2004). Toutefois, les efforts ne se limitent pas à cet aspect. Si nous envisageons le fossé numérique simplement en termes de nantis et de démunis, la politique d’inclusion sociale nécessiterait seulement que nous augmentions l’accès aux TIC parmi les communautés marginalisées. En fait, ce n’est pas seulement que les personnes n’ont pas accès aux TIC, mais aussi qu’elles ne possèdent pas la culture (technique et autre) pour utiliser ces technologies efficacement. Warschauer (2002) appelle ces compétences « pratiques sociales considérables » (section intitulée « Models of Access », paragraphe 4).

De même, Schuler (2001) parle « d’intelligence civique » qui comprend l’accès à un contenu pertinent et utilisable, les aptitudes à utiliser les bibliothèques et les TIC, un milieu positif et des attitudes quant à la convenance, à l’utilité et à la pertinence des bibliothèques et des TIC aux fins de chaque personne.

CONSEIL :

Utilisée correctement, la technologie de l’information peut accroître les moyens d’action des simples citoyens et de leurs communautés, leur donne la maîtrise de leurs vies professionnelles, leur permet d’exercer pleinement leurs droits et agit comme exutoire pour leur créativité.

Commission des communautés européennes, dans Réseaux pour les personnes et leurs communautés : Tirer le meilleur parti de la société d’information dans l’Union européenne (1996)

Dans leurs recherches sur le rôle des bibliothèques publiques en tant qu’espaces communautaires publics, Leckie et Hopkins ont établi que les bibliothèques représentent un espace où les nouveaux immigrants peuvent s’acclimater à la culture canadienne (Leckie et Hopkins, 2002).

Les participants à leur étude ont trouvé que la bibliothèque était un espace non intimidant et calme ou ils pouvaient « observer » les pratiques sociales canadiennes. Hicken souligne le potentiel des bibliothèques à soutenir les groupes exclus, décrivant la bibliothèque comme un « refuge » qui fournit « un milieu accueillant et non menaçant » (Hicken, 2004, p. 51).

Les bibliothèques sont une ressource communautaire cruciale où les résidants peuvent avoir accès à des renseignements quotidiens essentiels, aux TIC publics, à la formation sur la culture, à du matériel sur les activités de loisir, à des renseignements sur l’établissement et aux programmes communautaires qu’ils ne peuvent pas trouver ni se permettre ailleurs. Selon Hicken (2004), la bibliothèque est souvent le seul endroit où certains groupes exclus peuvent avoir accès à l’information et à l’apprentissage.

Caractéristiques d’un milieu d’information communautaire prospère

  • Culture de participation, de collaboration, de partage de l’information et de diversité.
  • Compétences disponibles – communications et compétences de manipulation et de traitement de l’information.
  • Portiers responsables – activistes ou professionnels locaux clés qui sont le lien avec l’information.
  • « Occasions » – activités sociales informelles où l’information est échangée et raffinée dans un cadre social.
  • Infrastructure administrative et physique appropriée qui encourage le développement des communautés
  • Contenu approprié et accessible.

(Ministère de la Culture, des Médias et des Sports, Royaume-Uni, 1999)

Apprentissages clefs : bibliothèques et inclusion sociale

  • Les bibliothèques municipales jouent un rôle fondamental dans la promotion de l’inclusion sociale en comblant le fossé entre les infopauvres et les inforiches.
  • L’accès à l’information est impératif à l’inclusion sociale, mais le simple stockage de livres multilingues dans les bibliothèques ne favorisera pas l’inclusion sociale des nouveaux immigrants.
  • Les bibliothécaires ont l’occasion de transformer les bibliothèques en un endroit où les immigrants se sentent inclus en les rendant appropriées et significatives. Ils doivent aussi enseigner les compétences de culture informationnelle qui rendront les programmes et collections en bibliothèque accessibles.
  • Les bibliothécaires et les gestionnaires d’information devraient se considérer comme des mentors et des portiers pour les personnes privées d’accès aux TIC et à l’information importante.
  • Les bibliothèques, grâce à la provision de ressources, d’espace public, et d’accès et de formation aux TIC, jouent un rôle clef dans la promotion de l’inclusion sociale.
  • Une myriade d’obstacles, y compris les facteurs institutionnels, comme la politique d’adhésion aux bibliothèques, doivent être examinés et évalués en collaboration avec les communautés desservies par les bibliothèques.

Du ministère de la Culture, des Médias et des Sports (1999)

  • L’inclusion sociale devrait être banalisée et établie comme politique prioritaire pour les bibliothèques et les services des renseignements.
  • Les responsables des bibliothèques devraient examiner les services particuliers devant être adaptés aux besoins des groupes minoritaires.
  • Les responsables des bibliothèques devraient consulter et impliquer les groupes socialement exclus pour déterminer leurs besoins et aspirations.
  • Les responsables des bibliothèques devraient envisager les possibilités de partager les locaux avec d’autres services fournis par les autorités locales.
  • Les bibliothèques devraient être un principal véhicule d’accès abordable ou, de préférence, gratuit aux TIC au niveau local.
  • Une bibliothèque compétente du point de vue culturel est capable d’offrir des services à des personnes dont les valeurs, les croyances et les comportements sont différents, notamment en adaptant la livraison aux besoins sociaux, culturels et linguistiques des nouveaux immigrants.
  • Les bibliothèques compétentes du point de vue culturel ont la capacité de concevoir des stratégies qui cernent et ôtent les obstacles culturels à l’accès aux services de la bibliothèque urbaine.
  • Il est possible d’acquérir les compétences culturelles en traduisant la compréhension des particuliers et des groupes de personnes en des pratiques et des politiques utilisées dans des cadres culturels appropriés.

Des recherches supplémentaires menées par Fisher, Durrance et Bouch Hinton (2004) ont cerné quatre éléments dans la composition de la bibliothèque municipale pour immigrants :

  1. Connaître les ressources disponibles et acquérir les compétences de bibliothèque.
  2. Découvrir la bibliothèque et faire l’expérience de son milieu sûr et accueillant.
  3. Communiquer aux familles et aux amis la façon dont les bibliothèques peuvent les aider.
  4. Apprendre à faire confiance au personnel de la bibliothèque (p. 760).

Nouveaux jeunes immigrants

Peu de recherches ont été effectuées sur les jeunes immigrants. Il est crucial de comprendre ce que les communautés socialement exclues, surtout les jeunes immigrants, veulent et désirent des bibliothèques municipales. Il s’agirait d’une étape importante dans la création de bibliothèques appropriées et inclusives qui répondent aux besoins de tous les membres de la collectivité.

Selon le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada (CIC), plus de 60 % des immigrants et 70 % des immigrants récents vivent à Toronto, à Montréal et à Vancouver. Les jeunes immigrants de première et de deuxième générations – ceux nés à l’extérieur du Canada et ceux nés au Canada de parents nés à l’étranger, respectivement – vivent principalement dans des centres urbains (Anisef et coll., 2005). Plus d’un tiers des jeunes immigrants âgés entre 15 à 29 ans sont des Canadiens de première génération résidant à Toronto et à Vancouver (Anisef et coll., 2005).

Plus particulièrement, le CIC rapporte qu’environ trois quarts d’un million de nouveaux enfants et jeunes immigrants, se sont établis au Canada au cours de la décennie passée. Environ 50 % viennent de l’Asie et de la région du Pacifique, 20 % de l’Afrique et du Moyen-Orient, 15 % de l’Europe et du Royaume-Uni, 10 % de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale et moins de 5 % des États-Unis (CIC, 2007). L’Ontario reçoit la plus grande part de ces jeunes immigrants, plus de la moitié de tous les nouveaux arrivants s’établissant dans la province. L’Ontario est suivi de la Colombie-Britannique, qui en reçoit un peu moins de 20 % (Anisef et coll., 2005).

Les bibliothèques municipales urbaines servent une grande proportion d’immigrants et de jeunes immigrants, et sont engagées à leur offrir des services pertinents.

Recherche communautaire (RC)

L’étude de cas suivante explore les pratiques d’information de jeunes Soudanais à London, Ontario. Elle a été effectuée dans le cadre d’une recherche communautaire (RC), une pratique qui peut servir à rehausser l’inclusion sociale. Définie comme recherche concertée entreprise dans des communautés pour promouvoir des changements au niveau de la communauté, les projets de RC sont généralement orientés vers l’action et visent à apporter des changements réels au moyen de pratiques et politiques locales et régionales (Wellesley Institut, 2007).

Étude de cas

Silvio (2006)

Silvio (2006) explore les pratiques d’accès à l’information des jeunes Soudanais à London (Ontario) et conclut que leurs besoins le plus généralement cités incluent l’information sur l’éducation, la santé, l’emploi, la politique et la façon de faire face au racisme (2006, p. 263).

Selon Silvio, la plupart des jeunes Soudanais préfèrent les sources informelles facilement accessibles, comme les amis, la famille et les collègues en qui ils ont confiance. En général, « ils sont très sceptiques de l’information reçue par la radio, la télévision, Internet et d’autres médias. » (2006, p. 263). Ils se méfient aussi des agences gouvernementales, bien que cette méfiance ait tendance à diminuer au fil du temps. Bien que Silvio n’en explique pas la raison, l’on peut supposer que le climat politique de guerre civile peut avoir poussé les jeunes Soudanais à être soupçonneux des personnes et organismes avec lesquels ils ne sont pas familiers.

Cette conclusion illustre comment le contexte social et culturel joue un rôle important dans la façon dont une personne trouve et évalue l’information. Elle illustre aussi le rôle que la bibliothèque peut jouer et souligne le fait que les jeunes ont des besoins d’inclusion sociale et d’information particuliers.

Obstacles pour nouveaux jeunes immigrants au Canada

Voici quelques obstacles auxquels font face les jeunes immigrants au Canada :

Immigration, établissement et adolescence

  • Les jeunes ne s’adaptent pas aussi facilement que nous le supposons. Au nombre des problèmes auxquels ils font face, citons « la déception dans la vie, une piètre estime de soi, les troubles de comportement, la tension et le sens qu’ils ne sont pas acceptés et sont isolés de la société canadienne ordinaire » (Seat, 2003, p. 163).
  • Ils doivent faire face à de nombreuses nouvelles demandes : relever de nouveaux défis scolaires ou universitaires, répondre aux nouvelles attentes des enseignants et des parents, se faire accepter par de nouveaux groupes de camarades et acquérir de nouveaux genres de compétences sociales.
  • Tout au long de ce processus, ils sont obligés de négocier les différences entre la culture de leur pays d’origine et celle de leur nouveau pays (Seat, 2003, p. 164).
  • Desai et Subramanian (2003), dans une étude sur les jeunes immigrants venant de l’Asie du Sud dans la région du Grand Toronto, ont indiqué : « Les jeunes font face non seulement aux défis de développement de l’adolescence, mais aussi aux problèmes d’adaptation dus aux conflits interculturels entre les valeurs de la culture hôte et celles de leur culture d’origine » (p. 130).
  • L’immigration oblige les jeunes à réévaluer et à renégocier leur identité et leur sens d’appartenance. Il peut s’agir d’un équilibre délicat, étant donné qu’ils peuvent avoir du mal à concilier les valeurs de leur milieu socioculturel traditionnel avec celles de leurs nouveaux camarades.
  • Janzen et Ochocka (2003) ont trouvé que « les jeunes immigrants veulent se sentir acceptés par les autres et se conformer aux attentes et pratiques courantes. D’autre part, ils veulent maintenir et affirmer leur identité personnelle propre, une identité reposant sur leur milieu socioculturel d’origine » (p. 49).
  • Pour les nouveaux jeunes immigrants, l’apprentissage de l’anglais peut être « un important défi personnel » qui devrait être surmonté pour qu’ils se fassent accepter par ceux autour d’eux (Janzen et Ochocka, 2003, p. 47).
  • Pour les nouveaux jeunes immigrants, les nombreux défis relatifs à l’établissement, notamment apprendre l’anglais, trouver un emploi et domestiquer le stress de l’adaptation, sont combinés avec les pressions uniques de l’adolescence. Les jeunes doivent se frayer un chemin à travers les valeurs parfois contradictoires de la famille et des camarades, se colleter avec les questions de formation de l’identité et s’adapter aux différents rôles façonnés par la dynamique de famille changeante.
  • Seat (2003) appelle le « processus d’établissement, d’adaptation et d’intégration » parmi les jeunes immigrants et réfugiés « une expérience complexe et multidimensionnelle », soit un processus « qui, dans des nombreux cas, peut être extraordinairement intense et stressant » (p. 162).
  • Les expériences de pauvreté auxquelles font face les nouveaux jeunes immigrants compliquent le processus d’établissement déjà difficile. Peera (2003) fait remarquer que les problèmes se rapportant à la pauvreté et au logement social incluent « un manque d’aspirations pour les jeunes et un rendement inférieur à l’école, de même que la violence, les activités criminelles et la toxicomanie » (p. 72).

Changement de rôle

  • L’échange de rôles entre les parents et les jeunes est nécessaire pour les nouvelles familles immigrantes, et cela mène à un changement dans la dynamique de l’autorité dans la famille, vu que les jeunes sont appelés à agir comme « interprètes de langue et de culture pour leurs parents » (Janzen et Ochocka, 2003, p. 52-53).
  • Dans une étude sur les jeunes à Waterloo, les nouveaux jeunes immigrants ont décrit comment leurs parents se préoccupent de l’argent et de l’emploi, et du temps en famille limité. « Il était difficile pour eux de voir leurs parents se débattre dans ces nouvelles circonstances » (Janzen et Ochocka, 2003, p. 53). Cette expérience peut augmenter le stress d’adaptation des jeunes.

Réfugiés

  • Les défis d’établissement auxquels font face les nouveaux jeunes immigrants sont intensément ressentis par les réfugiés. Les réfugiés représentent une proportion importante des nouveaux arrivants dans certaines villes canadiennes. En fait, « environ un tiers des nouveaux arrivants à Waterloo et à Ottawa sont des réfugiés » (Janzen et Ochocka, 2003; Peera, 2003).
  • Peera (2003) indique que les réfugiés doivent faire face à d’autres problèmes, en plus de ceux se rapportant à l’apprentissage de l’anglais, étant donné qu’ils ont probablement éprouvé un traumatisme émotionnel. Au nombre des autres obstacles, citons les problèmes d’alphabétisation et de racisme.

Manque de ressources communautaires et informationnelles

  • En examinant les services d’établissement formels à Waterloo, Janzen et Ochocka (2003) en sont arrivés à la même conclusion que Desai et Subramanian (2003), dont l’étude a porté sur les services dans la région du Grand Toronto : « Les agences conventionnelles n’offrent pas de services adéquats, appropriés ou accessibles aux nouveaux jeunes immigrants. »
  • Les services limités offerts aux jeunes immigrants dans la région de Waterloo « étaient parfois inaccessibles en raison des barrières langagières, financières ou culturelles diverses » (Janzen et Ochocka, 2003, p. 63).
  • Desai et Subramanian (2003) ont pris note des barrières à la prestation de services aux Asiatiques du Sud dans la région du Grand Toronto : « Les agences conventionnelles sont incapables de fournir des services culturellement appropriés et sensibles à cause d’un racisme systémique et de barrières linguistiques » (p. 126).
  • Selon une étude effectuée par Seat (2000) sur 300 jeunes immigrants, les participants n’ont pas accès à l’information nécessaire sur les services d’établissement. En conséquence, beaucoup de jeunes ignorent les ressources et services qui sont à leur disposition.

Difficultés de se renseigner

  • Selon Janzen et Ochocka (2003), il peut être difficile pour les jeunes d’exprimer leurs besoins en demandant de l’aide ou en accédant aux services. « La désorientation générale que connaissent les immigrants complique la tâche des jeunes immigrants de savoir comment et où demander de l’aide, sans parler d’articuler leurs soucis aux fournisseurs de service » (Janzen et Ochocka, 2003, p. 62).
  • Les chercheurs ont trouvé que les jeunes admettent à contrecœur qu’ils ont besoin d’aide : « Certains jeunes ont exprimé leur difficulté à demander de l’aide parce qu’ils ont honte de leur situation. Ou, s’ils demandent de l’aide, ils ne sont pas compris, » (Janzen et Ochocka, 2003, p. 63).

Obstacles et difficultés à créer un lieu de travail inclusif

Voici cinq obstacles auxquels fait face une bibliothèque municipale pour créer un lieu de travail inclusif :

  1. Ce n’est pas une priorité
    La priorité que donne le chef de la direction ou le bibliothécaire en chef à l’inclusion sociale est cruciale à son succès.

    Les recherches suggèrent que le degré auquel un organisme est inclusif se rapporte souvent directement à la priorité que l’équipe de direction donne à l’inclusion. Les auteurs de Inside Inclusiveness: Race, Ethnicity and Non-profit Organizations (2003) précisent que « le chef de la direction de l’organisme établit presque toujours le niveau d’engagement, l’attitude, le rythme et les comportements relatifs aux pratiques d’inclusion générales de l’organisme. »
      Le chef de la direction doit être un promoteur interne.

  2. La communauté n’est pas consultée
    Les organismes hautement inclusifs et accessibles ont le souci de l’engagement actif et de l’intégration de la communauté au développement, à la mise en œuvre et à l’évaluation des programmes, services, collections et stratégies.

    L’information reçue de la communauté constitue les renseignements et commentaires nécessaires pour que la bibliothèque puisse adapter ses stratégies et pratiques afin d’éliminer les obstacles à l’inclusion qui ont été éprouvés par les groupes communautaires locaux.
      La communauté doit être un partenaire.

  3. L’inclusion « appartient » à quelques personnes
    Quand le point de mire du travail visant à éliminer les obstacles à l’inclusion « appartient » à quelques personnes, ces efforts ont plus tendance à échouer que si la direction, le personnel et les administrateurs ont tous l’impression que le succès de créer un organisme plus inclusif leur appartient et qu’ils peuvent influer sur son déroulement.
      L’inclusion sociale nécessite la participation et le contrôle de tout le personnel – cadres et non-cadres, de même que le conseil d’administration.
  4. Ressources financières ou humaines insuffisantes
    Pour devenir un organisme inclusif, il faut des ressources dédiées. Des projets, comme la formation, le perfectionnement professionnel, les services communautaires ciblés et les initiatives de marketing, exigent que des ressources financières et humaines suffisantes soient affectées à la mise en œuvre efficace des initiatives d’élimination des obstacles à l’inclusion.
      Si l’inclusion sociale est une priorité, les ressources nécessaires au soutien de ce travail seront réparties adéquatement.
  5. L’outil de vérification est considéré comme le « cœur » et non comme le « pouls »
    Une fois que le questionnaire de vérification de l’inclusion sociale a été rempli, la bibliothèque et d’autres organismes à but non lucratif devraient utiliser les résultats du questionnaire pour augmenter la capacité de la bibliothèque à supprimer les obstacles à l’inclusion. Souvent, un organisme considère l’outil de vérification comme le cœur du travail d’inclusion sociale plutôt que le pouls.
      L’inclusion sociale est tant un processus qu’une conclusion. L’outil de vérification vous permet de connaître l’état de vos efforts et votre progrès. Il ne fait pas le reste du travail pour vous !